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Les ex-rebelles de la Séléka quittent le centre de Bangui

À Bangui, sous escorte française et burundaise, des centaines de combattants ont été évacués lundi de deux importants camps militaires. Sur la place d'armes du camp de Roux, face à la villa blanche du président, les derniers soldats de l'ex-Séléka embarquent dans des camionnettes chargées de bagages. Les pick-up camouflés ont les essieux presque écrasés sous le poids des ballots, tapis de sols roulés, rideaux, meubles de bureau, mitrailleuses et bandes de cartouches, chaises en plastique, sacs de roquettes et bidons entassés dans la caisse.

Un détachement burundais de la Misca qui encadre l'évacuation empêche les soldats de partir avec de l'armement collectif, mortiers de 81 mm, lance-roquettes multiples et mitrailleuses bitubes, qui sont débarqués et laissés sur le sol. «On est là pour vous désarmer, pas pour que vous embarquiez avec tout l'arsenal», dit le lieutenant-colonel burundais en charge de l'opération. Les soldats de l'ex-Séléka gardent leur armement individuel et s'asseyent au-dessus des bagages, avec la même allure de horde sauvage que lors de leur entrée dans Bangui onze mois auparavant. D'autres s'entassent dans les camions de la force africaine et le convoi prend la route qui descend de la colline.

L'évacuation du camp de Roux n'est pas le signal du départ de toutes les forces de l'ex-Séléka de Bangui. Une partie des chefs de l'ancienne rébellion sont déjà partis vers le nord, mais plusieurs milliers d'hommes armés se trouvent encore cantonnés dans plusieurs casernes de la capitale: le camp Béal et le camp RDOT, près du golf à la sortie de la ville. C'est cependant une étape symbolique de la fin du pouvoir de l'ex-Séléka.

Baptisé d'après le nom du lieutenant-colonel de Roux, héros de la France libre tombé à Bir-Hakeim, le siège de l'état-major des Forces armées centrafricaines est depuis longtemps un lieu que les habitants de Bangui évitent soigneusement. Construit sur une pente sous les arbres géants de la forêt, le camp surplombe le centre-ville, les rapides de la rivière Oubangui, le palais présidentiel de la Renaissance et l'ambassade de France. Cet ensemble de baraquements et de bureaux abritait aussi la résidence de l'ancien empereur Bokassa, qui avait gardé sa villa de chef d'état-major, où il résidait au milieu de sa garde présidentielle.

Depuis la prise de Bangui par les rebelles de la Séléka, le camp de Roux servait de quartier général aux seigneurs de la guerre venus du nord. Leur président fantoche, Michel Djotodia, a passé les derniers mois de son règne reclus dans cette villa, au milieu des conseillers et des courtisans, entouré par les généraux qui l'avaient mis au pouvoir et qui entraient sans frapper dans son bureau. Dans cette atmosphère à la Conrad, il ne manquait que des têtes sur des piques pour compléter le décor. Par le portail sortaient pendant des mois les camionnettes de l'ex-Séléka qui faisaient régner la terreur dans Bangui. Elles rentraient souvent dans le camp, chargées de prisonniers terrifiés dont on n'entendait plus jamais parler.

Comme leur arrivée, le départ des ex-Séléka a eu lieu dans un sillage de pillage et de meurtres. La villa du président a été entièrement vidée. Dans la salle des audiences, où se tenaient les conférences de presse et les réunions du gouvernement, tout le mobilier, fauteuils, tables basses et rideaux, a été emporté. Personne ne s'est encombré du drapeau centrafricain, qui pend devant les baies vitrées donnant sur l'Oubangui. Dans les couloirs où règne encore une odeur de salle de garde mal tenue, seuls des vieux chiffons et des chaussures dépareillées ont été laissés par terre. Une culotte féminine et des bouteilles de bière vides traînent aussi, signes que les ex-Séléka n'étaient sans doute pas des musulmans très rigoureux.

Les traces de leurs exactions ont aussi disparu, ou presque. Quelques prisonniers oubliés ont été découverts après leur départ. L'un d'entre eux a été évacué par deux membres des forces spéciales françaises qui l'ont retrouvé dans une geôle. Il a survécu miraculeusement au couteau qui lui a tranché la gorge. La trachée ouverte, couvert de sang, il a reçu les premiers soins devant l'entrée du camp par une infirmière militaire française. «Il est stabilisé, il devrait s'en sortir, mais c'est un miraculé», dit-elle.

Un succès

Sains et saufs, trois autres prisonniers sont emmenés dans une camionnette de la Misca burundaise. Michel, Blaise et Albert sont trois Anti-Balaka, les rebelles soulevés contre les anciens de la Séléka qui ont mis le pays en coupe réglée. Ils sont originaires du quartier de Boy-Rabe, et ont été arrêtés cinq jours plus tôt. «On ne nous a pas maltraités» disent-ils, l'air encore terrifiés. «Il y avait un bon chef, si ça avait été un mauvais chef, il nous aurait fait du mal.»

Les soldats burundais étaient chargés d'éviter que la traversée de la ville par ces soldats de l'ex-Séléka ne déclenche un massacre. Ils ont accompli leur mission avec sérieux. Peut-être même un peu trop. Aussitôt après le départ des ex-Séléka, quatre soldats burundais s'installent à la barrière de l'entrée, et interdisent l'entrée à un détachement de blindés français de l'opération «Sangaris», mais aussi au chef d'état-major de l'armée centrafricaine, le général Ferdinand Bombayéké, venu reprendre possession des lieux. «C'est quand même paradoxal, je suis le chef d'état-major, et je ne peux pas entrer dans mes bureaux», dit-il. Les Burundais lui expliquent qu'ils n'ont pas reçu l'ordre de laisser entrer qui que ce soit, même le chef d'état-major, même l'armée française. L'affaire est débloquée après de nombreux coups de téléphone.

L'évacuation sans combats du camp de Roux est un succès. Les ex-Séléka sont éloignés du centre-ville, même s'ils se trouvent toujours au camp Béal tout proche. Le camp Kassaï, autre point de friction entre ex-Séléka et Anti-Balaka, est aussi en cours d'évacuation. L'étape suivante sera de désarmer pour de bon les troupes de l'ancienne rébellion, tout en empêchant leurs adversaires de se livrer à des vengeances contre eux où contre la communauté musulmane.

Source: Le Figaro

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