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"J'ai travaillé pour que mon pays ne soit pas oublié".P. Pabandji

Interview réalisée par Sandra MALOUF | France, 17/11/2014.
Avec Mr Pacôme PABANDJI , journaliste centrafricain lauréat du prix Rory Peck

A seulement 23 ans, il est le lauréat du prestigieux prix Rory Peck, qui récompense chaque année les meilleurs journalistes reporters d’images (JRI) pigistes. Né à Sibut en Centrafrique, diplômé de la première promotion de l’école de journalisme de l’Université de Bangui, Pacôme PABANDJI est depuis 2013 journaliste reporter d’image pour le compte d’AFP (Agence France Presse). C’est sa couverture de la crise centrafricaine qui a été récompensée ce mercredi  19 Novembre à Londres. Banguiwood(BW) a recueilli l’avis  de ce compatriote.

BW : Pacôme PABANDJI , (PP) bonjour, vous venez d’être couronné par le prix Rory Peck,  que vous inspire cette consécration ?
PP : Bonjour. Cette consécration, je la prends comme la récompense de mon sacrifice et de mon courage. Si je l’ai dédié à Camille Lepage, la photojournaliste française tuée en Centrafrique, c’est pour reconnaitre au nom du peuple centrafricain, son courage en donnant sa vie pour que la tragédie centrafricaine soit exposée aux yeux du monde entier. Mais je pense que c’est l’ouverture d'un nouvel horizons et aussi, de la reconnaissance du journalisme en Centrafrique.

BW : La crise centrafricaine a été couverte par beaucoup de journalistes centrafricains notamment,  en quoi vous êtes-vous démarqué ?
PP : Honnêtement je suis juste fier mais pour moi, ce sont tous les journalistes centrafricains qui sont à l’honneur.

BW : Pourquoi avez-vous choisi de faire le métier de journaliste et non être prêtre comme le souhaitaient vos parents ?
PP : J’ai suivi mon instinct tout simplement. Mais même si mes parents ne sont pas là aujourd’hui, mes grands frères sont vraiment fiers de moi, de tout ce que j’ai fais. Ainsi, j’ai pensé que si les parents avaient été là, ils seraient super fiers et accepteraient mon choix.

BW: Le métier de journaliste en Centrafrique reste un métier difficile, cela ne vous a pas découragé ?
PP : Je pense que commencer est la première condition d’engagement. Reculer est une grande défaite. Ce qui m’a le plus encouragé, est ma détermination à faire à ce que l’opinion internationale puisse s’engager pour les causes du peuple centrafricain meurtri par cette crise qui n’a que trop duré. Que le peuple centrafricain ne soit pas oublié.

BW : Par ce prix c’est le respect de l’éthique et de la déontologie du métier  qui été récompensé, quels messages avez-vous à délivrer à vos confrères ?PP : Je pense que je demanderai beaucoup plus à mes confrères de jouer le rôle premier de rassembleur afin de faciliter le bon début de la cohésion sociale. Qu’ils laissent de côté leur émotion personnelle et agissent dans le respect total de la déontologie. Je pense que le corps de journaliste a beaucoup encaissé cette crise. Mais même sans moyens adéquats, les journalistes centrafricains ont fait ce qu’ils ont pu. Je les exhorte à continuer sur ce chemin.

BW: Quels sont vos projets, où vous voyez-vous dans 5-10 ans ?
PP : J’ai plusieurs projets mais toujours dans le même sens : mettre la Centrafrique en avant, travailler sur les personnes les plus vulnérables mais cette fois, je ferai moins de "news" mais plus de "features" afin de montrer une autre image de la Centrafrique. Dans 5 ou 10 ans, on verra ce que ça donnera mais je reste optimiste en ce qui me concerne. Je crois qu’en gagnant ce prix, je prends sur moi une grande responsabilité que je dois assumer pendant longtemps. Chaque acte, chaque geste doit refléter cette responsabilité. 

BW: Si vous avez un message à faire passer au peuple centrafricain, à la jeunesse c'est lequel ?
PP : J’appellerai les autorités de transition à considérer les journalistes, à les associer davantage dans le processus mis en place dans le cadre de la réconciliation. Que les autorités sachent que protéger les journalistes c’est aussi s’engager à préserver la paix dans le pays. 

Enfin, Je tiens à remercier ma famille, ma fille Ascencia Gwenieve et ma femme, mes amis Anthony Fouchard, Bienvenu Bitta qui ont toujours été avec moi dans cette situation, mes chefs et toute l’équipe de l’AFP, la Fondation Rory Peck, tous les journalistes centrafricains…

Pacôme PABANDJI , encore toutes mes félicitations et je vous remercie

 

 

Interview réalisée par Sandra MALOUF
Ecrivez moi à: sandra.malouf @ banguiwood.com

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